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La biographie de Germain Combrisson

LE VELORUTIONNAIRE - MEMOIRES DE GERMAIN COMBRISSON

Ancien Président de l'ASCE Cyclisme

 

C’est au Châtelet-en-Brie que naît Germain Combrisson, le 8 avril 1926, dans l’appartement familial situé au-dessus du bistrot « Au Bon Coin », tenu par sa grand-mère Georgette Mulot, quartier général des quelques communistes de ce petit village de la France rurale où il fait bon vivre. A la naissance de Germain, Robert et Hélène Combrisson ont déjà deux enfants : Roger, 4 ans et Gisèle, 2 ans.

 

Robert, qui a été blessé pendant « la Grande Guerre », est un costaud au grand cœur, un homme honnête et un travailleur acharné (poseur de voies de chemin de fer le jour, bûcheron le soir) qui insuffle à ses enfants le respect des devoirs de chacun envers la collectivité.

 

L’enfance de Germain, surnommé par sa mère « mon p’tit chat bleu », est rythmée par l’école communale, les jeux et les bêtises avec les camarades de classe, les jeudis en famille chez les grands parents (le grand-père Prosper est cantonnier) et puis bientôt les parties de chasse où son père l’emmène dès ses huit ans. Son oncle, Camille Mulot, secrétaire de Mairie, anime le village avec son orchestre intitulé « Les pas bileux ».

 

Tous les soirs, en rentrant de l’école, Germain répète à sa mère : « Je veux être marchand de cycles et coureur cycliste ». Rien pourtant ne semble le prédestiner à une telle carrière, lui qui n’est jamais monté sur un vélo. Mais c’est une véritable passion pour le cyclisme qui se développe chez le jeune garçon. Quand les finances de la maison le lui permettent, il se plonge dans la revue « Miroir des Sports », et se dit qu’un jour, lui aussi, à force de travail et de volonté, accédera au haut niveau.

 

En 1936, le jeune Germain est marqué par l’arrivée au pouvoir du Front populaire, les conquêtes sociales du monde ouvrier et la création de grands services publics, comme la SNCF en août 1937.

 

Avec la guerre, Germain, après avoir tâté du ballon rond avec son frère Roger, met de côté ses rêves de futur sportif. Après une brève fuite pendant l’exode de juin 1940 sur son premier vélo, qu’il a lui-même conçu et monté avec des pièces récupérées, il est embauché comme apprenti en serrurerie d’art chez Xicluna, rue de Montreuil, à Paris.

 

Fin 1941, la famille Combrisson s’installe à Essonnes, dans les cités SNCF situées rue Emile Zola, surnommée le Boulevard des Italiens.

 

A 16 ans, il prend sa première licence de coureur cycliste aux Jeunesses Populaires et Sportives où il côtoie son camarade de travail, Charles Notari, qui est en 1ère catégorie. Sa mère y est opposée, mais rien ne saurait décourager Germain, qui multiplie les courses où il retrouve son cousin, Maurice Marchier, licencié à Moret-sur-Loing.

 

La vie suit son cours dans la France occupée, au rythme des arrestations, du marché noir et des tickets de rationnement. A sa première course, le « Premier pas Dunlop », Germain arrive seizième. Son frère Roger lui offre ses rations alimentaires pour lui éviter « le coup de fringale du sportif ». Mais en 1942, Roger prend le maquis dans la vallée de la Maurienne, avant d’être arrêté, envoyé en usine à Chemnitz et enfin déporté au camp d’extermination de Flossenbürg dont il sera l’un des rares survivants.

 

Germain poursuit ses efforts et un entraînement intense. En 1943, il est récompensé : il passe dans la 3ème catégorie en remportant une épreuve officielle. Il fait alors la connaissance de Robert Chapatte, très bon coureur du CSI avant de devenir, après guerre, un excellent journaliste, notamment comme chef des sports à la télévision.

 

Il se voit contraint de mettre sa carrière sportive entre parenthèses lorsqu’il est réquisitionné pour le Service Civique Rural. Il intègre ensuite la SNCF en 1944, afin d’éviter le travail obligatoire en Allemagne, et tombe éperdument amoureux de Jacqueline Chauveau, fille d’un des sous-chefs de gare de Corbeil, qui habite la même cité SNCF. Ils vivent ensemble la libération de Corbeil et d’Essonnes, le 25 août 1944, précédée, le 13 août, par le terrible bombardement de la gare qui fit dix-neuf morts et cent quatre-vingts blessés et qui détruit partiellement leur maison.

 

Fin 44, Germain adresse sa démission des JPS au Président Achille Joinard et signe au CSPSE, devenu par la suite Association Sportive des Cheminots Villeneuvois.

 

Peu après, Germain quitte la SNCF pour retrouver son ancien métier de serrurier. En avril 1946, il se fiance avec Jacqueline, puis ils se marient le 22 mars 1947 à la Mairie d’Essonnes et emménagent rue Saint-Maur à Paris. Le 31 mars 1948, Jacqueline met au monde un petit garçon qu’ils appellent Jean-Luc, au tempérament rapidement remarqué lors des visites médicales à la polyclinique des « métallos », les Bleuets, qui fut la première à introduire en France « l’accouchement sans douleur ».

 

Parallèlement à sa prise de responsabilité familiale, Germain s’engage en politique dans les rangs du Parti Communiste qu’il quittera en 1952, non sans avoir beaucoup milité. Il fait le coup de poing avec les adhérents du RPF, le parti gaulliste, notamment lors du célèbre meeting du gymnase Japy, le 25 septembre 1948.

 

Ils reviennent habiter Corbeil au printemps 1949, au 6 rue de Nagis. Ils y reçoivent souvent Auguste Clergé et sa compagne, Colette. Clergé est un peintre connu qui a fondé le Salon Populiste et fréquenté à Montparnasse des artistes célèbres comme Picasso, Modigliani, Vlaminck, Soutine, Foujita, Van Dongen et bien d’autres. Sur le plan sportif, Germain rejoint d’abord le VCCE puis porte le maillot vert et blanc de l’Etoile Cycliste de Corbeil-Essonnes. En avril 1950, Germain rentre chez Decauville mais… il perd rapidement son emploi pour activités politiques et syndicales.

 

Les villes de Corbeil et d’Essonnes fusionnent en août 1951.

 

En février 1952, lassé de ses nombreux changements d’emploi, conscient de son profil indésirable dans les grandes entreprises et convaincu que le sport doit tenir une place majeure dans sa vie, Germain choisit de donner une nouvelle orientation à sa carrière professionnelle. « Il faut vivre ses rêves et pas rêver sa vie », dit le célèbre proverbe. Il décide alors de s’installer à son compte en tant que marchand de cycles, grâce à l’aide financière de son ami Charles Notari.

 

Le magasin ouvre le 28 février 1952 au 23 rue des Remparts, devenu par la suite le numéro 6, et ainsi commence une aventure qui durera vingt-huit ans. Par ailleurs, Germain décide de s’investir plus sérieusement dans le club, ulcéré de voir que l’Etoile Cycliste de Corbeil-Essonnes n’a obtenu aucune victoire d’équipe depuis 1939.

 

Il devient le constructeur de l’ECCE, son premier coureur équipé n’étant autre que Toni Colombo, beau-frère du célèbre Romano Valsecchi, dit « Mano », la coqueluche des courses à l’américaine dans les Allées Aristide Briand. Mais le grand départ, c’est en 1954, avec cinq transfuges de l’ES Juvisy-Viry : Gilbert Leroux, Gaston Limayrac, Francis Liétard, Marcel Suquet et Max Thinot.

 

En 1956, les trois clubs cyclistes de Corbeil-Essonnes fusionnent à leur tour au sein de l’Etoile Vélocipédique de Corbeil-Essonnes, devenue en décembre 1968, section cycliste de l’Association Sportive de Corbeil-Essonnes. Germain Combrisson, constructeur unique, accueille des jeunes comme Jean-Claude Gérard, Maurice Orsal, Jacques Rouzaire, Jacques Pillias ou Bernard Darniche qui se distinguera plus tard dans le sport automobile.

 

En 1959, deux événements marquent la vie de Germain Combrisson : l’emménagement dans l’appartement situé au-dessus de la boutique de la rue des Remparts et l’élection de son frère Roger comme Maire de la Ville.

 

La rue des Remparts, au nom qui évoque la riche histoire de Corbeil, est aussi insolite que l’arrière-boutique de Germain Combrisson dont les murs sont tapissés de photos de Fausto Coppi et de Marcel Cerdan, « le bombardier marocain », que Jacqueline et Germain vont admirer sur le ring de la Croix-de-Berny en octobre 1946. La disparition prématurée, en 1949, de cet immense champion, symbole de la renaissance de la France de l’après-guerre, est un véritable deuil national mais aussi une grande tristesse pour Germain Combrisson.

 

Après les heures sombres de la dernière guerre mondiale, un vent de liberté souffle sur les grands boulevards parisiens et Saint-Germain-des-Prés, tandis que le peuple français s’attache à des personnages emblématiques qui symbolisent la résistance ou qui donnent de notre pays une image plus conforme aux valeurs de courage, de dignité et de solidarité. Dans ce contexte, le cyclisme est un vecteur d’unité populaire qui se retrouve encore aujourd’hui dans le Tour de France et qui est magnifié, à cette époque, dans le temple de la piste, le fameux « Vel d’Hiv ».

 

A son niveau, l’EVCE enregistre ses premières victoires significatives : en 1957, Alain Delamare est sacré champion d’Ile-de-France des cadets ; en 1960, l’EVCE devient championne de Seine-et-Oise par équipe ; en 1962, Jacques Cadiou remporte la doyenne des classiques Paris - Rouen, et en 1963 Daniel Fix gagne la grande finale de « la Médaille », avant d’être sélectionné aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964 et d’être malheureusement fauché en pleine jeunesse par la maladie. Cet athlète extraordinaire est suivi sur la piste par Paul Miellot, passionné de vélo qui relate les exploits des « Vert et Blanc » dans les colonnes de « la Marseillaise » et de « Corbeil-Express », les concurrents de gauche de l’hebdomadaire « le Républicain ».

 

Les événements s’accélèrent : en 1967 est créée une équipe de 2ème catégorie, dirigée par Gaston Limayrac, assisté d’un jeune dirigeant de 19 ans qui n’est autre que Jean-Luc. En 1968, c’est une décision audacieuse qui est prise avec la constitution d’une équipe de 1ère catégorie (sous la direction d’André Mezière), qui remporte le souvenir Daniel Fix avec Charles Haupais en 1970 et le Tour d’Eure-et-Loir avec André Gallopin en 1971.

 

L’ASCE, devenue l’un des cinq meilleurs clubs de l’Ile-de-France, collectionne les titres de champion de l’Essonne (sur route et en cyclo-cross) et épingle à son palmarès de belles épreuves comme la Ronde de l’Essonne et Paris - Valençay.

 

Parallèlement à l’ascension du club cycliste, Jacqueline poursuit une belle carrière à la SNCF (gare d’Austerlitz) tandis que Jean-Luc, après une brillante scolarité au Lycée de Corbeil-Essonnes et en classe préparatoire aux grandes écoles, est reçu, en 1969 à plusieurs concours ; il devient en 1972 Ingénieur de la Ville de Paris et est embauché, le 1er janvier 1975, à la Mairie de Corbeil-Essonnes, dirigée pendant 33 ans par Roger Combrisson, qui est élu Conseiller Général en 1964 et Député en 1967. En mars 1975, à Réau (en Seine-et-Marne), Jean-Luc épouse, sous les auspices du vélo, Michèle Jovenet, sœur de Gilbert, bon coureur monté en 1ère catégorie, en prenant comme témoin de mariage Michel Guilly. Le vin d’honneur est donné dans un lieu mythique de la bicyclette, « Chez Gervaise » (à Brunoy), surnommé « le Vélodrome du rire ».

 

Les années 55-75 sont donc, pour la famille Combrisson, des années de réussite et de bonheur partagé, pendant lesquelles on apprécie les premiers pas de la télévision en regardant Steve Mac Queen dans le feuilleton « Au nom de la loi », et qui sont parsemées de discussions politiques animées en famille, ainsi que de séjours agréables sur la côte d’Azur où Germain Combrisson fait la connaissance de Louis Caput et Raymond Poulidor ; ce sont aussi des sorties passionnantes dans les grandes salles de spectacle parisiennes pour y admirer les opérettes, le Cirque de Moscou, les Chœurs de l’Armée Rouge, les ballets Moïsseiev et du Bolchoï, ainsi que les « géants » de la chanson française comme Edith Piaf, Yves Montand, les Frères Jacques, Georges Brassens, Jacques Brel, Jean Ferrat et surtout Léo Ferré (le chanteur-auteur-compositeur préféré de Germain).

 

Malheureusement, l’embellie prend fin en 1977 avec le décès, au mois d’octobre, de Jacqueline, des suites d’un cancer généralisé. Pendant cette terrible épreuve, Germain bénéficie du soutien précieux de son fils et de sa belle-fille Michèle, qui lui donne, en mai 1978, son premier petit-fils Fabien, suivi de son frère Fabrice qui naît en janvier 1985.

 

Au plan sportif, Germain est désigné « meilleur dirigeant sportif corbeil-essonnois de l’année 1977 », année où il est mis fin à une nouvelle expérience d’équipe de 1ère catégorie, commencée en 1973, et qui a vu l’éclosion de Joël Gallopin, frère d’André.

 

En 1979, Jacques Rouzaire devient Président du Club omnisports et laisse la présidence de l’ASCE Cyclisme à Germain Combrisson. Digne successeur de Gérard Caillette (Champion de l’Essonne en 1974 et 1975), Jacques Orenga devient l’icône des « Vert et Blanc » en devenant champion d’Ile-de-France de cyclo-cross en 1979 et troisième du championnat de France en 1980 avant de devenir trentième au championnat du Monde. Jacques Orenga, mécanicien chez Germain Combrisson, possède le palmarès le plus fourni de l’ASCE avec 77 victoires de 1970 à 1981.

 

Moment de joie intense tant attendu, l’ASCE vainc le signe indien en 1980, en remportant, 47 ans après, le challenge Chobillon (sur l’autodrome de Montlhéry), individuellement avec Philippe Bouvet (futur journaliste à « l’Equipe ») et par équipe (avec Patrice Ponte, Michel Guilly, Dominique Guenolé, Philippe Bezoteaux et Jacques Richet). L’exploit sera renouvelé deux fois en 1985 et 1986.

 

Germain Combrisson prend sa retraite professionnelle début 1982, en cédant à un ancien coureur son fonds de commerce du 43 rue Saint-Spire où il s’est installé deux ans auparavant.

 

Il perd ses parents Hélène et Robert en 1979 et 1982, ainsi que ses beaux-parents Suzanne et Robert Chauveau, en 1984 et 1991. Après un « exil » de quelques années au Coudray-Montceaux, Germain Combrisson revient habiter, en 1985, dans le centre-ville de Corbeil-Essonnes, près de sa bru, son fils et ses petits-enfants.

 

S’ouvre alors une période exceptionnelle (jusqu’en 1993) avec la recréation de l’équipe de 1ère catégorie, dont la direction est confiée aux frères Gallopin. Le premier exploit de cette équipe est accompli en mars 1987 par Jean-Charles Bezard, qui remporte Paris - Ezy, 25 ans après la victoire de Jacques Cadiou dans Paris - Rouen. En 1986 est mis en service, rue Remoiville, le Club-house qui redonne aux « Vert et Blanc » une âme qui avait été perdue avec la fermeture de la boutique de la rue des Remparts en 1980. Y sont organisées les réunions du lundi soir, moments chaleureux et intenses au cours desquels Germain démontre ses connaissances du cyclisme, ses qualités de tacticien et son attachement à l’esprit d’équipe. Après le départ en province de deux piliers du club (Gaston Limayrac et Raymond Cantagrel), une nouvelle génération de dirigeants s’impose avec Gilles Talbot, Jean-Marie Letailleur, Dominique Guenolé, Georges Daniel et d’autres, au côté des anciens, Jacqueline et Robert Bigot, Roger Bezol, Max Baudin, etc.

 

La fin des années 80 voit une augmentation importante de la subvention municipale, la multiplication des sponsors privés, le lancement, avec EP Communication (dirigée par Jean-Jacques Azria), de la revue « Rayon Vert », le recrutement d’un secrétaire général (Michel Lelièvre), et d’un médecin (Pierre Penamen), la relance de nos équipes de jeunes (minimes et cadets), la création d’une école de cyclisme, le développement d’un partenariat avec l’association « France-Afrique cyclisme » et… l’inflation du palmarès de la société.

 

En 1989, l’ASCE remporte 265 victoires dont un titre de champion de France universitaire, le super-challenge de l’Ile-de-France, et de nombreux succès dans des épreuves internationales, devient pour la première fois de son histoire premier club de l’Ile-de-France au classement général des statistiques et est classé quatrième de la Coupe de France Mavic. Ces résultats exceptionnels n’ont pas échappé à Cyrille Guimard qui, par un courrier du 12 octobre 1989, félicite « le dynamisme et la compétence des hommes de terrain et le soutien efficace de la Municipalité ».

 

Mais les plus belles pages de cette histoire restent à écrire ! Après un contrat d’objectifs, signé en juin 1989 avec la Municipalité, Jean-Luc, qui joue un rôle stratégique essentiel, signe, le 19 février 1990, avec Xavier Dugoin, Président du Conseil Général de l’Essonne, le premier contrat d’objectifs de club de haut niveau départemental, faisant passer la subvention du Département de 3.600 francs en 1988 à 400.000 francs en 1992. De plus, un statut de sportif de haut niveau est accordé à plusieurs athlètes qui perçoivent ainsi une aide personnalisée comprise entre 1.500 et 3.000 francs par mois. Pendant que Jean-Luc négocie avec le Conseil Général, la Municipalité, représentée par Bernard Lacour, Maire adjoint chargé des sports, et l’Office Municipal des Sports, présidé par Patrice Maintenant,  Germain passe ses semaines au Club-house dont la salle de réunion ne désemplit pas et regorge de coupes et de trophées. Il officie également comme Président de commissions au Comité de l’Ile-de-France de la Fédération Française de Cyclisme où il côtoie Clément Scansaroli et Jean Pitalier, futur Président de la FFC.

 

L’année 1990 se solde par 303 victoires dont le Kriter d’or des meilleurs coureurs amateurs pour Czeslaw Rajch, plusieurs titres de champion de l’Ile-de-France et trois titres de champion de Pologne pour Czeslaw Rajch et Slawomir Krawczyck. Quant à Dominique Chignoli, il termine sixième de la Course de la Paix (Prague - Berlin - Varsovie), la plus grande épreuve amateur au Monde.

 

1991 voit le centenaire du cyclisme à Corbeil-Essonnes et le renouveau d’une équipe féminine avec le recrutement de deux championnes du Monde (Nathalie Gendron et Marion Clignet) et d’Isabelle Gautheron. La saison 1991, c’est aussi 35 dirigeants, 25 prélicenciés et deux victoires dont une pour Fabien Combrisson, le petit-fils de Germain, quatre titres de champion de l’Essonne (sur route et en cyclo-cross), le super-challenge de l’Ile-de-France, quatre titres de champion de l’Ile-de-France sur piste, de nombreuses victoires internationales, une deuxième place au championnat de France de poursuite olympique et un titre de champion de France de demi-fond pour Michel Dubreuil, qui apporte beaucoup de satisfaction à Germain Combrisson.

 

Ce centenaire en or est conclu par une victoire inédite dans la Coupe de France Mavic, devant l’ACBB, l’ASPTT Paris, le VC Lyon Vaux-en-Velin et Antony-Berny cycliste. Cette année 1991 est ponctuée par une magnifique réception organisée par la Municipalité, le 23 novembre 1991, au Centre Culturel Pablo Neruda.

 

Début 1992, à l’Hôtel Pullman-Saint-Jacques, Germain Combrisson reçoit la médaille d’or de la Fédération Française de Cyclisme qui sanctionne justement cinquante licences et quarante années de dirigeant. Cette distinction complète la panoplie de ses récompenses : médaille d’Honneur de la Jeunesse et des Sports, Chevalier et Officier du Mérite Cycliste, médailles d’argent et d’or du Conseil Général de l'Essonne, titre de Citoyen d’Honneur de la ville de Corbeil-Essonnes (décerné en décembre 1989).

 

Le Palmarès de l’année 1992 des deux cents licenciés (quarante dirigeants, cent soixante coureurs), est proprement exceptionnel : 323 victoires individuelles et par équipe, féminines et masculines, dans toutes les disciplines (route, piste, cyclo-cross) et dans toutes les catégories (prélicenciés, minimes, cadets, juniors, séniors de la 4ème à la 1ère catégorie, vétérans) ! Sept titres de champion de l’Essonne, huit titres de champion d’Ile-de-France, un titre de champion de Pologne, un titre de champion de France (Jean-Michel Monin à l’américaine) et une nouvelle coupe de France Mavic ; Jean-Pierre Bourgeot est premier au classement des coureurs amateurs français, Denis Leproux, vainqueur du classement Vélo des cyclistes amateurs français, Pascal Churin, meilleur équipier de la Coupe de France, et… Erika Salumae remporte le titre olympique aux Jeux de Barcelone en vitesse féminine.

 

Après ces immenses satisfactions, l’année 1992 se termine par une garde à vue, curieuse façon d’honorer notre club et de remercier les coureurs et dirigeants. L’affaire sera classée sans suite mais laissera des traces notamment sur le moral de Germain.

 

1993 commence par une autre déception : l’enterrement de première classe du projet, très avancé, de vélodrome, victime de changements et de règlements de comptes politiciens. Plusieurs années de travail pour rien et beaucoup d’espoirs envolés ! Ce projet magnifique aurait pourtant fait de Corbeil-Essonnes la véritable capitale nationale du Cyclisme, en rendant cette ville célèbre pour autre chose que ses frasques politiques et ses caillassages de policiers dans le quartier des Tarterêts.

 

Après que Jean-Luc ait quitté le club en novembre 1991 et les services municipaux en octobre 1992, que Roger ait abandonné toutes ses fonctions politiques début 1992, Germain décide de renoncer, fin 1992, à la présidence de l’ASCE Cyclisme et tire sa révérence à la fin de l’année suivante.

 

Ainsi se terminent quarante années de responsabilité sportive qui lui ont valu de diriger environ un millier de coureurs et de dirigeants, de construire un palmarès d’environ quatre mille victoires dont un titre olympique et de mettre ses immenses qualités humaines au service des autres !

 

Après cette période longue et intense, Germain Combrisson continue de suivre l’actualité avec un œil critique, en déplorant l’emprise de l’argent et du dopage sur le sport mais en s’efforçant de toujours croire dans un avenir meilleur. Il vit en compagnie de Carmen, rencontre souvent son beau-frère, Daniel Chauveau et son épouse Jeanine, en goûtant aux plaisirs procurés par le calme, la nature et la famille.

 

Cette histoire est magnifiquement retracée dans le livre « Germain Combrisson, le Vélorutionnaire », qui lui a été offert à Noël 2006, avec une dédicace attentionnée de Marcel Cerdan Junior.

 

Cet ouvrage, écrit par Fabrice, fait le portrait d’un homme engagé, aux convictions fortes et au bilan exceptionnel qui laissera des souvenirs riches dans sa ville, dans son sport mais aussi dans le cœur de tous ceux qui l’ont côtoyé.

 

Germain Combrisson fait sa « dernière échappée » le 17 juin 2011, en laissant le peloton de sa famille et de ses amis dans la tristesse mais avec des souvenirs merveilleux. Il repose maintenant à côté de Jacqueline, au cimetière des Tarterêts à Corbeil-Essonnes.



Jean-Luc COMBRISSON

Fils de Germain